ven. Nov 15th, 2019
Boeing 787 Air France

Boeing 787-9 Air France © Mathieu Douhaire

Air France, privée – publique…

Air France est une entreprise privée mais l’Etat est son principal actionnaire, mélange des genres et sujet tabou.

Partages
JM Janaillac © Flickr

Air France est une entreprise privée mais l’Etat est son principal actionnaire, mélange des genres et sujet tabou.

Jean-Marc Janaillac l’a clairement indiqué lors de son départ et a mis en évidence un des dangers de cette situation :

J’ai pu constater que certains au sein d’Air France sont encore persuadés que c’est l’Etat qui décide. J’en suis aussi venu à penser que le fait que l’Etat soit au capital renforce un sentiment d’invulnérabilité de la compagnie.

Certain semble penser que l’Etat viendrait à la rescousse de la compagnie aérienne qui porte les couleurs de la France à travers le monde en cas de coup dur. Cependant, depuis la démission de JMJ de nombreuses personnes demandent la sortie de l’Etat du capital d’Air France afin de clarifier une bonne fois pour toute la situation et éviter les fantasmes et autres supputations.

Marc Rochet, président de French Bee et Air Caraïbes a été très clair sur le sujet :

Le désengagement de l’Etat car c’est la meilleure façon de mettre chacun face à quelque chose qui ne soit pas une sorte de protection ou d’immunité supérieure et de s’engager dans l’avenir.

Un autre haut dirigeant dans ce secteur indique :

L’Etat doit vendre ses participations le plus rapidement possible. Tant que l’Etat restera actionnaire d’Air France, il y aura ce qu’on vient de vivre et ce qu’on va vivre dans les mois à venir.

L’Etat, pour le moment, ne semble pas vouloir quitter le capital d’Air France. Cependant, il n’exclut pas de diminuer sa part dans l’entreprise. La ministre des transports a précisé :

Il est important de réaliser qu’Air France n’est ni un monopole, ni une entreprise publique. C’est important que ce contexte soit pleinement intégré par le corps social si jamais il y avait une ambiguïté.

Lors de l’assemblée générale du 15 mai, Jean-Marc Janaillac a de nouveau mis en lumière la fiscalité et les charges sociales comme principal handicap d’Air France. Il a tout de même indiqué qu’Air France devait se restructurer, en finir avec une culture d’entreprise et un mode de fonctionnement d’un autre temps.

Les racines du mal dont souffre Air France sont sans doute anciennes. Elles tiennent en partie à l’histoire de la compagnie. D’une culture héritée d’un fonctionnement interne vertical et administratif, qui devra évoluer, et au sentiment des salariés d’Air France d’avoir vécu une succession de plans d’attrition alors qu’une partie du problème vient de l’environnement français.

L’Etat sortira, sortira pas, diminuera sa participation ou continuera-t-il dans cette voie ou finalement rien n’est clair et qui permet a beaucoup de trouver de ne pas regarder la vérité en face car, comme le disait NKM, « Air France est mortelle ». Ce ne serait pas la première compagnie aérienne porte drapeau à disparaitre, Pan Am, TWA, Swissair, Sabena, Olympic… ont déjà disparu.

Partages

4 thoughts on “Air France, privée – publique…

  1. « 200 voitures de fonctions et 2M€ de notes de frais annuelles de la direction durant mandat d’Anne-Marie Couderc à la tête de Presstalis, selon un rapport parlementaire »
    Il va déjà falloir sauver le soldat Couderc….

  2. Tout le monde à bien entendu intérêt à éteindre très rapidement le début de polémique suite à cette information publiée ce matin dans challenge. On va regarder si l’opération déminage express va fonctionner et si on en parle plus dans les 48 heures qui viennent.

  3. Et voila l’état actionnaire qui fait ce qu’il a toujours fait.
    Une nomination politique.
    ombreux sont ceux au sein de la compagnie a souhaiter que l’état se désengage pour ne plus avoir de sexagénaires dont certains au passé incertain devenir responsable de la compagnie.

    La consultation c’est juste un ras le bol de tout cela, (moins que les salaires à mon humble avis).

  4. Air France avait été remise en selle par Ch Blanc, puis les suivants ont surfé sur la vague. Chassez le naturel, il revient au galop, sans parler du fiasco du low cost. Cette entreprise a des valeurs mais il ne faut pas la gérer comme une administration volante. Simplification oblige. La technocratie gouvernementale fait aussi des dégâts. L’europe c’est bien, sauf qu’Air France est aussi révélateur des carences.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ABONNEZ-VOUS !



Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 36 906 autres abonné·es.
En vous inscrivant vous acceptez de recevoir nos mails et ceux de nos partenaires et vous acceptez notre Politique de confidentialité.


Partages