24 novembre 2020
Boeing 737-800 de Ryanair

Boeing 737-800 Ryanair © Raboe001

Ryanair freiné par l’Europe ?

Le 18 février prochain, l’IR-OPS remplacera l’EU-OPS. Et alors ?

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Boeing 737 Ryanair © Raboe001
Boeing 737 Ryanair © Raboe001

Le 18 février prochain, l’IR-OPS remplacera l’EU-OPS. Et alors ?

Ce document de référence qui sert de base à la réglementation du travail de l’ensemble des compagnies aériennes Européenne contient entre autres un amendement qui modifie la notion de « Home Base » des navigants, modification qui vise directement Ryanair.

En effet, depuis l’abandon de la directive Bolkenstein, les transporteurs aériens doivent se conformer à la réglementation du pays où sont basés ses navigants. Mickael O’Leary, qui utilise tous les subterfuges possibles pour s’enrichir (il détient 3,7% du capital et empoche plusieurs millions de dividendes chaque année), a décidé d’ignorer cette contrainte, ce qui lui a valu une condamnation pour travail dissimulé à Marseille. Mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg… La plupart de ses pilotes sont rémunérés par une société écran nommée Brookfield Aviation, sorte d’agence d’intérim qui ne respecte pas le principe de « Home Base » mais celui de « Floating Base ». Ainsi, les pilotes débutent leurs périodes de vol sur n’importe quelle aéroport en Europe, charge à eux d’organiser et de payer de leur poche leur transport et leur hébergement.

L’Europe, malgré les pressions de quelques commissaires ayant des liens étroits avec Ryanair, a décidé de mettre fin à ces pratiques, en définissant la notion de « Home Base » comme un « aéroport unique ». S’y ajoute la contrainte de respecter un repos de 72 heures entre la mise en place et le départ en fonction de la nouvelle base, sauf si la durée de cette mise en place est intégrée dans le calcul du temps de travail.

Si c’est une bonne nouvelle pour les navigants de Ryanair, cela va également impacter toutes les compagnies qui utilisent deux aéroports proches d’une même ville. C’est le cas en France de Roissy et Orly, et tant Vueling que EasyJet ou Air France vont devoir supporter des coûts importants pour se mettre en conformité avec ce nouveau règlement alors que le système actuel convenait tant aux opérateurs qu’à leurs employés. Ces compagnies devront donc soit : créer des groupes de navigants « étanches » affectés à chaque base (baisse de la flexibilité de construction des plannings) ; payer des mises en place qui iront diminuer le temps de travail « utile » ; ou créer de grosses contraintes de planification qui vont encore diminuer la productivité globale.

Espérons que les commissaires sauront trouver une formulation qui ne contraindra que les compagnies visées : celles qui s’enrichissent sur le dos de leur personnel en méprisant les lois et règlements.

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9 thoughts on “Ryanair freiné par l’Europe ?

  1. Une bonne nouvelle qui va sans doute éviter des conditions d’hébergement Camping qu’impose Ryanair à ses navigants…

    L’Europe devrait continuer à regarder également les subventions qui constituent l’essentiel (si ce n’est la totalité) des benefices de Ryanair.

    1. Les camping ne sont pas imposés mais choisis par les navigants pour économiser un max sur la « prime » hébergement versée par la compagnie…

  2. C’est bien là le drame ! Les navigants « choisissent » un hébergement de mauvaise qualité pour ne pas trop rogner leur petit salaire (surtout les PNC), au mépris du repos nécessaire vu le rythme de travail.
    Songez que chez Cathay (compagnie bien connue de certains commentateurs), les navigants doivent prouver qu’ils étaient à l’hôtel 12 heures avant leur réveil pour partir en vol…

    Si seulement ça pouvait mettre fin à ces mesures scandaleuses du clown O’Leary…
    Accessoirement, le coût de cette mesure est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros chez AF…

  3. Certes, Ryanair n’oblige personne à habiter dans un camping. Le personnel reçoit même une enveloppe de 500 euros par mois pour se loger. Reste que trouver un propriétaire prêt à louer son appartement à une personne lui présentant un contrat « zéro heure » du sous-traitant Crewlink ou un CDD irlandais relève de l’exploit. Donc le camping s’impose dans bien des cas, à moins de passer par le système D (associations de jeunes étrangers, collocataire français, etc.)

  4. À partir du moment où les salariés font cela c’est qu’ils n’ont pas le choix.
    Avouez que c’est du jamais vu !
    Par ailleurs, sans logement, pas de taxe d’habitation, et c’est plus facile pour ne pas payer d’impôts en France.

    Avec cette nouvelle loi, des pnc seront affectés à de vraies bases et tant mieux.

  5. Michael O’Leary ne detient, comme cité plus haut, que 4% de FR dont il n’est que le directeur général : bien qu’on parle tout le temps de lui

    pourquoi ne cite t-on jamais le propriétaire et chairman de la compagnie depuis 19 ans, le milliardaire israelo américain David Bonderman, le prédateur qui avance masqué ?

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