dim. Déc 15th, 2019
Air France – KLM a enregistré une baisse de ses résultats

Airbus A380 Air France © Hugo Possamaï

Air France, rien n’est gagné !

En 2015 le pétrole n’a fait que baisser pour passer de 50$ en début d’année à un peu plus de 35$ très rapidement…

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Air France Airbus A380 © Aeroworldpictures
Air France Airbus A380 © Aeroworldpictures

En 2015 le pétrole n’a fait que baisser pour passer de 50$ en début d’année à un peu plus de 35$ très rapidement. Cette belle dégringolade est le fruit d’un climat géopolitique très instable couplé à une surproduction inondant le marché. La loi de l’offre et de la demande faisant le reste on a un court qui s’écroule. Mais 2016 va-t-elle voir cette tendance se poursuivre, les prix vont-ils se stabiliser ou devons-nous nous attendre à une hausse des courts dans les mois à venir ?

Une des raisons de la surproduction actuelle est le retour dans le jeu de l’Iran. Pendant la durée de l’embargo ce pays ne pouvait exporter son pétrole et la planète devait se contenter du pétrole du « bac à sable » et de celui de la Russie en grande majorité. Cependant l’Iran est de retour et, après tant d’année d’embargo, a besoin de liquidité pour investir massivement et rattraper son retard. L’Iran vend donc son pétrole en ouvrant les vannes en grand, le prix n’est pas son problème, il veut du cash et est assis sur une des plus grosse réserve connue !

Alors, super, le baril va rester bas encore pas mal de temps me direz-vous, et bien non, il va remonter et vite même. Le pétrole bas n’arrange pas grand monde en fait. A part vous et moi à la station essence et les compagnies aériennes personne n’a intérêt à voir un pétrole aussi bas, il suffit de voir la réaction des marchés pour s’en rendre compte. Donc, les producteurs vont fermer les robinets et le prix montera automatiquement. L’Arabie Saoudite et la Russie sont en grande discussion pour trouver un accord afin de réguler la production pour créer un peu de rareté et faire monter le cours dans les mois qui viennent. Les analystes envisagent une remonté du prix du baril au-dessus des 55$ dans les 3 mois à venir.

Ou cela devient beaucoup plus gênant c’est pour les compagnies aériennes et, dans le cas présent, Air France. Hier nous apprenions que la compagnie nationale avait fait une bonne année, était bénéficiaire et que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Alors oui, cette belle performance est due, un peu, à la baisse du pétrole mais surtout grâce aux efforts des personnels pouvait-on lire ici ou là.

Sans vouloir casser l’ambiance il est tout de même intéressant de creuser un peu les chiffres pour avoir une idée plus précise du pourquoi cette embellie en 2015. En 2015 Air France à dépenser environ 8.2 milliards de dollars pour remplir les réservoirs de ses avions contre 8.9 milliards durant l’année 2014. Précisons « qu’une variation d’un dollar par baril a un impact de 40 millions de dollars sur la facture, dans un sens ou dans l’autre », selon Yan Derocles, analyste, spécialiste de l’aéronautique chez Oddo Securities.

Alors à partir de là soyons juste un peu prévisionniste. Le pétrole ne va pas rester à ce court encore bien longtemps et risque fort de remonter d’une bonne vingtaine de dollars par baril soit, selon Yan Derocles une facture en hausse de +/- 800 millions de dollars. D’ailleurs si l’on compare la facture 2014 à celle de 2015 on remarque un écart de +/- 900 millions de dollars. Ce chiffre est tout de même très proche de celui du résultat d’exploitation 2015 non ? Ce bon résultat serait-il en fait le résultat d’une situation géopolitique et non celui du travail des salariés qui ont fait des efforts de productivité ?

Alors oui, et non ! Oui, les 800 millions d’euros du résultat d’exploitation sont fortement dues au prix du baril de pétrole. En 2014, Air France clôturait avec un résultat d’exploitation négatif de 129 millions d’euros donc oui, les efforts ont payé car le résultat d’exploitation a gagné 1 027 millions d’euros en un an.

2015 est donc une bonne année pour Air France même si une bonne partie de son résultat est la conséquence de variables économiques sur lesquelles la compagnie aérienne n’a aucun levier. Le prix du baril va monter, il va donc falloir que la productivité suive pour garder le cap…

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13 thoughts on “Air France, rien n’est gagné !

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