sam. Déc 7th, 2019

Concorde Air France 1977 © DR

Concorde, Continental bien seul

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Concorde Air France 1977 © DR

Continental seule responsable du crash du Concorde

La lamelle mal fixée sur un DC10 de la compagnie aérienne américaine explique à elle seule l’accident qui a coûté la vie à 113 personnes. Air France se retrouve blanchie.
Dix ans après l’accident du Concorde d’Air France qui s’était écrasé peu de temps après le décollage, faisant 113 morts, le tribunal correctionnel de Pontoise a désigné les responsables du drame. Le premier responsable est bien la lamelle qui s’est détachée du DC10 de Continental Airlines le 25 juillet 2000.

Pour la présidente Dominique Andréassier, le supersonique qui s’est écrasé sur un hôtel de Gonesse (Val-d’Oise) quelques minutes après son décollage de Roissy, tuant 109 passagers et 4 personnes au sol, a bien roulé sur une lamelle, un pneu a éclaté, projetant des débris qui ont perforé le réservoir, menant à l’inflammation du carburant.

La thèse défendue par la compagnie aérienne, selon laquelle le Concorde aurait pris feu avant même de rouler sur cette lamelle, n’a pas convaincu le tribunal. «Aucune des constatations matérielles effectuées ni les témoignages ne permettent de corroborer» cette thèse, a tranché la cour. Elle a en outre épinglé la «maintenance défectueuse» de la compagnie américaine.

Quant aux trois prévenus français, le tribunal a estimé que ces anciens responsables de l’aéronautique avaient commis des «négligences» mais pas de «faute caractérisée» dans le suivi de l’avion, au regard des incidents de pneus ayant affecté le Concorde dès 1979.

Responsable des fautes de ses employés, Continental devra s’acquitter d’une amende de 200.000 € pour homicides involontaires. Le montant des dommages et intérêts dus aux parties civiles dans le procès du crash du Concorde s’élève à 1,8 million d’euros, une somme qui incombe principalement à Continental Airlines mais dont EADS devra s’acquitter à hauteur de 30 %. En effet, l’héritier d’Aérospatiale a été jugé civilement responsable de deux de ses salariés. Air France se verra verser 1 million d’euros de dommages et intérêts, pour « préjudice moral» et « atteinte à l’image».

L’avocat de Continental, Me Olivier Metzner, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, en dénonçant «un jugement protectionniste des seuls intérêts de la France». «Nous sommes en profond désaccord avec le verdict», a déclaré la compagnie. «Décrire la lamelle de métal comme la cause de l’accident, et Continental et l’un de ses employés comme les seules parties fautives, montre la détermination des autorités françaises de détourner l’attention de la responsabilité d’Air France, qui appartenait à l’Etat au moment de l’accident», poursuit Continental, qui parle d’un jugement «absurde».

A l’inverse, Air France a exprimé sa satisfaction devant un jugement «complètement légitime». A mi-chemin entre Continental et Air France, Me Roland Rappaport, l’avocat de la famille du commandant de bord et de deux syndicats de navigants, a relevé « une contradiction». «Comment dire que la (compagnie) Continental a commis une faute caractérisée et que du côté français ce sont de simples négligences ?» a-t-il protesté, maintenant que les « faiblesses » du Concorde n’avaient pas été correctement traitées.

La décision du tribunal de Pontoise laisse perplexe. Si la lamelle tombée sur la piste quelques instants avant le décollage du Concorde est la seule explication du crash du supersonique, on peut se demander pourquoi son exploitation a été abandonnée après l’accident de Gonesse. Et puis 1,8 million pour 113 personnes tuées, cela représente 16.000 € par vie perdue. Cela donne la mesure de la condamnation de Continental. Elle est condamnée à rien ou à pas grand-chose, mais elle est seule responsable.

A l’inverse, Air France est victime et non coupable d’avoir fait voler un appareil défectueux. Si l’appareil a bien obtenu un nouveau certificat de navigabilité en février 2001, après avoir renforcé ses réservoirs avec des plaques de kevlar et grâce à de nouveaux pneus Michelin, son exploitation cessera définitivement en avril 2003.

Source: francesoir.fr

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