23 octobre 2020
Air-France-Airbus-A320

Air France Airbus A320 © Air France

Pédophilie, Air France agit

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Air France Airbus A320 © Air France

Pour se prémunir d’accusations d’attouchements sexuels sur des mineurs non accompagnés à bord de ses avions, la compagnie aérienne a décidé de les faire voyager sans adulte à proximité immédiate.

Air France va-t-elle trop loin dans la gestion de ses passagers ? Après la polémique de janvier dernier sur les tarifs concernant les personnes obèses, la compagnie aérienne a décidé de faire voyager les mineurs non accompagnés loin des adultes à bord de ses avions. Le but : prévenir des accusations d’attouchements sexuels. Une procédure validée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) qui estime qu’elle participe d’une politique générale par rapport aux problèmes de pédophilie. Elle est en revanche jugée risquée par les syndicats, qui jugent qu’elle met en cause la sécurité des enfants.

«La nouvelle réglementation concernant les UM (les mineurs non accompagnés, ndlr) stipule qu’il ne doit pas y avoir de passager adulte sur le même bloc siège sauf en cas de cabine complète», a expliqué lundi Jean-Marc Quattrochi, délégué à l’UNAC, l’un des syndicats des hôtesses et des stewards. La directive, qui figure dans le nouveau manuel de sécurité et de sauvetage des personnels navigants commerciaux (PNC) édité en février, aurait été édictée à la suite de plaintes, notamment sur des vols long-courriers vers les Etats-Unis, selon plusieurs sources internes.

«Le nombre de plaintes est confidentiel, Air France n’a évidemment pas envie d’en faire publicité, explique-t-on chez Alter, un syndicat de pilotes. Le service juridique redoute à l’évidence d’être mis en cause pour négligence en laissant un adulte à côté d’un UM s’il y avait la possibilité de le mettre ailleurs». Le texte interne à Air France précise toutefois que «la présence d’un passager adulte sur un bloc siège adjacent, en priorité le siège situé de l’autre côté de l’allée, est impérative».

British Airways condamnée

Une précaution insuffisante pour les syndicats. «Cela va à l’encontre de la sécurité des vols et des enfants. Comment un passager assis de l’autre côté pourrait-il venir en aide à un enfant assis côté hublot?», interroge Guillaume Pollard, délégué Alter. Pour le syndicaliste, cette directive est par ailleurs en contradiction avec les consignes présentées par l’équipage au début du vol en cas de dépressurisation: dans ce type de situation, l’adulte doit en effet s’équiper en premier du masque à oxygène avant de mettre celui de l’enfant assis à côté de lui. Autre incompatibilité soulignée par le syndicat : la directive va à l’encontre de la procédure de préparation de la cabine en cas d’évacuation d’urgence, qui préconise de mettre les enfants entre deux adultes.

«Pour le service juridique, les probabilités d’attouchements sexuels sont plus élevées que celles de dépressurisation d’urgence», arguent toutefois plusieurs personnels navigants commerciaux, souhaitant garder l’anonymat. «Depuis la mise en place de cette procédure, aucun incident de sécurité n’a été observé», a ainsi justifié Air France, précisant que la procédure datait de mi-juillet 2009.

British Airways applique pour sa part une procédure similaire en interdisant aux hommes de s’asseoir à côté d’enfants non accompagnés. La compagnie britannique en a d’ailleurs déjà fait les frais puisqu’elle a été condamnée cet été pour discrimination après avoir demandé à un homme de se déplacer parce qu’il était assis à côté d’un enfant voyageant seul… Coût de l’opération: 4.167 euros. Un risque perçu par Air France, qui n’a pas souhaité différencier les hommes des femmes dans sa procédure afin d’éviter toute accusation de discrimination.

Source: lefigaro.fr

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