27 septembre 2020
greve british airways

Boeing 747 British Airways en courte finale © DR

Nouvelle grève chez BA en vue

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Boeing 747 British Airways en courte finale DR

La grève chez British Airways a duré trois jours jusqu’à lundi soir. Elle reprendra ensuite du samedi 27 mars au mardi 30 mars. Une première depuis treize ans dans le ciel britannique.

La grève du personnel de cabine de British Airways (BA) initiée vendredi à minuit est bien suivie, a déclaré le syndicat Unite dimanche, au deuxième jour du mouvement. Elle a continué ce lundi. Le syndicat a appelé la direction à négocier, mettant en avant l’argent perdu par la compagnie du fait de ce mouvement au regard des augmentations de salaires demandées. La direction a chiffré le coût de cette grève à 7 millions de livres (7,7 millions d’euros) par jour, sans modifier ses prévisions de résultat, et s’est félicitée des solutions mises en place pour en limiter l’impact commercial et financier.

Unite, qui représente 12.000 membres du personnel de cabine de BA, a annoncé que 80% d’entre eux observaient l’arrêt de travail, et affirmé que 250 vols BA n’avaient pas pu décoller samedi en raison de la grève. La compagnie aérienne a assuré au contraire que 97% du personnel s’était présenté pour travailler à l’aéroport de Gatwick, et 52,5% à Heathrow, premier aéroport mondial pour le trafic international. Elle a aussi indiqué que les dispositions prises pour maintenir le service fonctionnaient « mieux que prévu ».  Le chaos semblait en tous cas évité dans les aéroports britanniques, les passagers ayant eu le temps de prendre leurs dispositions.

Echec des négociations

Les négociations entre le syndicat et la direction pour éviter le conflit ont échoué vendredi, après de nombreuses heures de discussion, donnant le signal du début de la grève. « C’est avec une grande déception que je dois vous dire que les négociations ont été rompues », avait annoncé Tony Woodley, secrétaire général adjoint du syndicat. Cela faisait treize ans que le ciel britannique n’avait pas connu un tel mouvement social.

Le mouvement se poursuivra jusqu’au 22 mars inclus, puis reprendra du 27 au 30 mars inclus, soit sept jours au total. La compagnie assure avoir trouvé un millier de volontaires parmi son personnel de cabine. Elle s’est aussi adressée à des compagnies de location d’avions et d’équipages et a reçu l’aide d’une soixantaine d’autres compagnies aériennes.

Au total, elle espère ainsi transporter ce week-end 49.000 personnes contre 75.000 normalement, soit 65%, les vols les plus affectés étant les moyen-courriers. Elle invite également ses passagers à changer s’ils le souhaitent la date de leur vol ou à se faire rembourser leur billet. Dans tous les cas, il est préférable de consulter son site avant de se rendre à l’aéroport : www.ba.com.

Les raisons du conflit

Au cœur du conflit social se trouve la réduction de 15 à 14 membres d’équipage dans les longs courriers, et un gel de leurs salaires pendant deux ans. En 2008, BA payait en moyenne 29.000 livres (32.506 euros) les membres d’équipage. C’est 50 % de plus qu’EasyJet et deux fois plus que Virgin Atlantic. La différence s’explique par l’ancienneté des employés mais aussi des accords historiques sur les journées de récupération.

British Airways a perdu 401 millions de livres (450 millions d’euros) avant impôts l’an dernier et est en passe de perdre encore plus cette année (avril 2009 à mars 2010). Le personnel de cabine, qui bénéficie encore partiellement de conditions héritées du monopole d’Etat, rejetait la stratégie de réduction des coûts, soulignant que BA « ne réussira jamais à faire concurrence au marché low cost ». Surtout que les nouvelles économies demandées par la direction s’ajoutent à une multitude de plans de restructuration depuis une dizaine d’années, entraînant la réduction de près de la moitié des effectifs depuis 2001, passant de 63.000 à 36.000 aujourd’hui. Et ce pour le même chiffre d’affaires.

« British Airways ne peut pas rester la tête dans le sable: sur les vols courts courriers, EasyJet et Ryanair transportent à eux deux trois fois plus de passagers; sur les longs courriers, la concurrence vient de compagnies comme Singapore Airlines, dont le service est excellent mais les coûts très inférieurs », explique John Strickland, de l’entreprise de JLS Consulting, qui a oublié de citer les compagnies du Golfe.

Ce conflit met fin à une série de signes positifs pour l’avenir de British Airways. Au-delà d’un redressement spectaculaire des comptes au troisième trimestre (octobre à décembre 2009), durant lequel BA a dégagé un léger bénéfice opérationnel (Ryanair était en pertes), la direction a trouvé cette semaine un accord avec les syndicats pour augmenter les contributions des employés à son fonds de pension, dont le déficit se monte à 3,7 milliards de livres (4,1 milliards d’euros). Ce déficit était un obstacle à tout rapprochement. Et cet accord rend très probable la conclusion d’une fusion avec Iberia, qui voyait dans les retraites l’un des principaux points de blocage.

Les deux compagnies ont annoncé en novembre un accord en vue d’un mariage, et British Airways confirme qu’elle espère le conclure « d’ici à la fin du premier trimestre ». Une signature pourrait être annoncée le 25 mars, date d’un conseil d’administration d’Iberia. Le mariage devrait permettre de dégager 400 millions d’euros de synergies par an. Autre bonne nouvelle, et non la moindre, cette fusion va se doubler d’une alliance commerciale renforcée avec American Airlines sur l’axe transatlantique, après le feu vert sous réserve de Washington.

Source: latribune.fr

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