Le syndicat UNAC, représentant une partie des hôtesses et stewards (PNC) d’easyJet en France, a lancé un nouvel appel à la grève pour le lundi 6 avril 2026. Cet appel s’inscrit dans une série de tensions récurrentes entre le personnel navigant commercial de la compagnie low-cost britannique et sa direction en France.
Grève PNC easyJet , contexte d’une grogne persistante
Depuis plusieurs mois, les PNC d’easyJet France dénoncent principalement :
- L’instabilité chronique des plannings,
- Une charge de travail en forte augmentation,
- Une dégradation des conditions de vie personnelle (repos insuffisants, imprévisibilité des rotations),
- Un manque d’avancées concrètes lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) 2026.
Ces revendications ont déjà conduit à plusieurs mouvements sociaux ces derniers mois. Fin décembre 2025, le syndicat majoritaire SNPNC-FO avait déposé un préavis de grève pour la période des fêtes de fin d’année, avant de le lever face à des propositions jugées suffisantes par sa base. L’UNAC, syndicat minoritaire mais très actif, avait alors maintenu son appel pour le 1er janvier 2026, avec le mot d’ordre emblématique : « Objectif zéro décollage ». Ce mouvement avait entraîné des annulations et retards sur les vols au départ des bases françaises (Paris CDG, Orly, Nice, Lyon, Bordeaux, Nantes).
Un nouveau coup de semonce pour le 6 avril
Selon les informations diffusées par l’UNAC sur les réseaux sociaux et relayées par la presse spécialisée, le syndicat appelle tous les PNC easyJet basés en France à la grève le lundi 6 avril 2026. L’objectif est d’obtenir des engagements concrets de la direction sur la stabilisation des plannings et l’amélioration des conditions de travail.
Ce choix d’une date en début de vacances scolaires de printemps (zone A notamment) n’est pas anodin : il vise à maximiser la pression sur la compagnie, qui connaît traditionnellement une forte affluence à cette période.
Guerre syndicale et représentativité
easyJet France est régulièrement le théâtre d’une certaine concurrence entre syndicats. Le SNPNC-FO reste majoritaire, tandis que l’UNAC, bien que minoritaire, se montre souvent plus radicale et prête à maintenir des préavis même quand le syndicat majoritaire préfère négocier. Cette division complique parfois les négociations, mais elle permet aussi à une partie du personnel de faire entendre une voix plus contestataire.
La direction d’easyJet a, par le passé, regretté publiquement ces mouvements qu’elle juge « dommageables » pour les passagers et l’image de la compagnie. Elle rappelle régulièrement avoir fait des efforts sur les salaires et les conditions de travail ces dernières années, notamment après des grèves évitées de justesse en 2022.
Grève PNC easyJet, impact potentiel sur les passagers
Un mouvement de grève le 6 avril pourrait entraîner :
- Des annulations ou retards significatifs, surtout sur les vols du matin (effet cascade sur la journée),
- Des perturbations sur les aéroports français desservis par easyJet.
La compagnie devrait, comme à son habitude, communiquer directement auprès des passagers concernés via son application et son site internet. Les voyageurs sont invités à vérifier le statut de leur vol 24 à 48 heures à l’avance.
En cas d’annulation due à une grève du personnel, les passagers ont droit au remboursement ou au réacheminement, mais pas forcément à une indemnisation forfaitaire de 250 à 600 € (règlement européen 261/2004) lorsque la grève est considérée comme une « circonstance extraordinaire » par les tribunaux. Cependant, easyJet propose souvent des solutions commerciales pour limiter le mécontentement.
Vers une année 2026 sous tension ?
Cet appel du 6 avril pourrait n’être que le premier d’une série. L’UNAC a déjà laissé entendre qu’elle pourrait cibler d’autres périodes de vacances scolaires en 2026 si les négociations n’avancent pas de manière satisfaisante.
Le personnel navigant d’easyJet, comme dans beaucoup de compagnies low-cost, fait face à une productivité élevée et à une pression constante sur les coûts. La question de l’équilibre entre rentabilité et conditions de travail reste au cœur des débats sociaux dans le secteur aérien français.
Les prochaines semaines diront si un accord de dernière minute sera trouvé ou si le ciel français connaîtra de nouvelles turbulences le 6 avril.
ÉDITION du 02/04/2026 à 17:54
Le service relation presse easyJet nous a contacté afin que nous ajoutions ce qui suit :
easyJet a été informée d’un préavis de grève déposé par l’UNAC, syndicat des personnels navigants commerciaux français, pour le 6 avril et est très déçue par cette décision.
Nous tenons à rassurer nos clients : nous ferons tout notre possible pour limiter au maximum les répercussions de cette grève. Si des modifications devaient être apportées à notre programme de vol, nous en informerons directement les passagers concernés et leur proposerons des solutions pour les aider à réorganiser leur voyage. »
