28 mai 2020
Airbus A319 © Air France

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États généraux de la sécurité

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Airbus A319 Air France
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Un an après l’AF 447, la compagnie a lancé une consultation des pilotes pour renforcer la sécurité des vols.

Ce sont des états généraux inédits. Un an après l’accident du vol AF 447, Air France a lancé mercredi ses assises de la sécurité aérienne. 300 pilotes ont été accueillis toute la journée au Musée de l’air et de l’espace au Bourget. Une nouvelle journée devrait être organisée le 16 juin, et l’ensemble des 4 200 pilotes de la compagnie devraient être accueillis d’ici à fin 2011. L’objectif de ces rencontres est de renouer le dialogue entre la direction de la compagnie et le corps des pilotes, mis à mal depuis la catastrophe du vol Rio-Paris en juin 2009.

Comprendre et échanger

«Avant cet accident, nous avions un management qui prenait des décisions et regardait ensuite de loin comment les choses se passaient , explique Erick Derivry, porte-parole du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), majoritaire chez Air France. Après l’accident, nous sommes tous arrivés à la conclusion que la direction devait davantage impliquer les pilotes. L’objectif de ces assises est de comprendre et d’échanger des informations dans le sens montant et descendant.» À l’automne, à la suite de menaces de grèves des équipages qui voulaient être davantage écoutés, la direction d’Air France a mis sur pied un groupe de pilotes baptisé «Trajectoire» chargé de faire des propositions concrètes pour améliorer la sécurité des vols.

Les assises qui ont débuté mercredi, sont organisées dans le cadre des travaux de Trajectoire pour récolter sur le terrain les idées de l’ensemble des pilotes de la compagnie. Les participants ont été répartis en cinq ateliers. L’un était consacré au «cœur de métier», à la définition du métier de pilote et à ses exigences dans un environnement technologique complexe.

Le deuxième atelier concernait la «simplification» des procédures de vol et de sécurité. Des idées ont été échangées sur le fonctionnement optimal des équipages et sur la définition de «consignes plus simples». Le troisième atelier était consacré à la documentation, c’est-à-dire aux documents recensant les procédures de pilotage et de sécurité. Le sujet est délicat puisqu’à partir de 2013, tous les appareils qui seront livrés à la compagnie auront des «documentations» électroniques et non plus papier. Cette évolution remet en question l’existence de la «documentation Air France» en français en plus de la «documentation constructeur» Airbus ou Boeing en anglais et pose la question de la formation en anglais des pilotes.

Recueillir les idées

Un quatrième atelier était consacré à la «préparation et à l’assistance des vols». Depuis l’AF 447, des pilotes ont des doléances sur les informations météo à la disposition des équipages. «Nous avons critiqué la composition des dossiers de vol et notamment les informations météo avec toutes les imageries performantes dont disposaient nos concurrents et pas nous», explique Erick Derivry. Des débats ont également eu lieu sur les attentes des pilotes à l’égard du «service dispatch» de suivi des vols et de l’assistance à terre pour faire face à un phénomène météo ou à une situation exceptionnelle.

Le dernier atelier était consacré au management. Il y a été question de la rupture de confiance entre les pilotes et leur direction et des solutions pour reconstruire un management de proximité et de qualité avec une population par définition nomade.

À la sortie de ces assises, Éric Bernard, commandant de bord et représentant pilote d’Air France se montrait satisfait. «Cette journée s’intègre dans une démarche plus large de l’entreprise d’écouter et de recueillir les idées d’un maximum de personnes en interne comme en externe, donc de tous ses pilotes, explique-t-il. Notre ambition est de susciter une adhésion collective à la sécurité des vols.»

Les propositions des pilotes seront complétées par celles d’une délégation de huit experts internationaux, l’Independent Safety Review, chargés de disséquer la compagnie tout au long de l’année 2010 et de lui proposer des pistes de réformes. «Elle s’intéresse à tous les modes de fonctionnement internes, aux processus de décision et aux pratiques pouvant avoir un impact sur la sécurité des vols d’Air France» , explique la compagnie tricolore dans un communiqué.

Source: lefigaro.fr

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