19 septembre 2020

Queu A320 Air Asia © DR

Air Asia, embrouilles et cachoteries !

Les autorités Indonésiennes ont fait savoir que le rapport préliminaire de l’accident ne serait pas rendu public, en violation de la réglementation de l’OACI, (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), qui établit la nécessité de produire un rapport préliminaire dans les trente jours après l’accident, ce qui permet une transparence totale.

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Air Asia X Airbus A330 © Allen Zhao
Air Asia X Airbus A330 © Allen Zhao

Les autorités Indonésiennes ont fait savoir que le rapport préliminaire de l’accident ne serait pas rendu public, en violation de la réglementation de l’OACI, (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), qui établit la nécessité de produire un rapport préliminaire dans les trente jours après l’accident, ce qui permet une transparence totale.
Pour rappel, l’enquête technique ne vise pas à déterminer des responsabilités, mais à faire apparaître des causes pour éviter qu’un accident du même genre ne se reproduise. Si un autre drame survenait dans des circonstances comparables, la responsabilité de l’Indonésie serait lourdement engagée. La communauté aéronautique internationale fait donc logiquement pression sur Djakarta pour que ce rapport préliminaire ne reste pas confidentiel.

Un enquêteur a confirmé que le pilote avait procédé à une brusque ascension avant que l’appareil ne décroche. En l’espace de 30 secondes, l’avion est passé de 32 000 pieds à 37 400 pieds ! Cette montée s’est donc faite à un taux de montée de 11.000 pieds/minute, complètement extravagant à cette altitude et dont il faudrait apporter la preuve qu’elle s’est produite sous l’action du copilote, qui était aux commandes dans cette phase de vol. Pour monter de 32.000 à 37.000 pieds, le taux normal aurait dû être de l’ordre de 500 pieds/minute !
Des 124 minutes de communications enregistrées sur le CVR, les enquêteurs ont seulement dévoilé que le bruit des alarmes – notamment « stall » (décrochage) – se superposait à la voix des pilotes occupés à gérer la situation.
Ces enquêteurs ont ajouté qu’ensuite, l’avion avait chuté pendant trois minutes.

Dans mon information précédente sur ce crash, j’ai démontré que la perte de contrôle de cet Airbus était certaine. Elle n’a pu se produire que parce que les commandes de vol avaient quitté la fonction « Normale », dans laquelle le décrochage de l’avion n’est pas possible, pour passer dans une fonction « Alternate », dans laquelle la plupart des protections de trajectoire de l’Airbus se trouvent supprimées. Ce passage en « Alternate » a pu résulter d’une panne d’un système électronique, notamment des « Tubes Pitots » ou des sondes de mesure des angles d’incidence. Ce passage en fonction « Alternate » peut être également le résultat d’une coupure volontaire de certains éléments électroniques par les pilotes. S’ils l’ont fait, c’est qu’ils avaient une raison. Ce sera à l’enquête de dire le détail de ce qui s’est passé.

Ne comptez pas sur une pression d’Airbus sur les Indonésiens pour respecter la réglementation internationale. Le constructeur sera trop heureux de se réfugier derrière ce manquement pour retarder l’apparition de la vérité, qui ne se fera jour que lorsque les détails du CVR (conversations) et du FDR (paramètres du vol) seront enfin publiés de façon publique, s’ils ne sont pas dissimulés définitivement.

Les enquêteurs ont indiqué que le rapport final serait achevé dans sept ou huit mois. Je suis très sceptique sur le respect de ce délai, bien qu’il soit normal pour un rapport final.

Avec l’aimable autorisation de Christian Roger

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