9 août 2020
Air France – KLM, Delta et Virgin s’unissent

Boeing 767-300 Delta © Richard Snyder

Les compagnies US vont très bien

A contre courant de la crise économique qui frappe le transport aérien mondial, les compagnies américaines résistent plutôt. Il y a encore quelques années, après les attentats de septembre 2001, la plupart des compagnies américaines étaient au fond du gouffre avec des pertes abyssales. En 2005, un passager sur deux aux Etats-Unis voyageait sur une compagnie en faillite.

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Boeing B767-300 Delta Air Lines
Boeing B767-300 Delta Air Lines

A contre courant de la crise économique qui frappe le transport aérien mondial, les compagnies américaines résistent plutôt. Il y a encore quelques années, après les attentats de septembre 2001, la plupart des compagnies américaines étaient au fond du gouffre avec des pertes abyssales. En 2005, un passager sur deux aux Etats-Unis voyageait sur une compagnie en faillite.

Aujourd’hui, la donne a changé. Les grandes majors, United, Delta, US Airways, afficheront cette année des bénéfices. Seule, American Airlines restera dans le rouge.

Pourtant, l’économie américaine n’est pas en plein essor; le pétrole n’y est pas  moins cher qu’ailleurs; quant aux prévisions de trafic, Outre-Atlantique, elles se situent en dessous de la moyenne mondiale.

Alors comment expliquer cette différence avec l’Europe ?

Après les attentats de 2001, les compagnies américaines, déjà sévèrement endettées, ont pu profiter d’un coup de baguette magique : le chapitre XI de la loi américaine sur les faillites qui permet à une entreprise en difficulté financière de continuer à fonctionner normalement tout en lui laissant le temps de se réorganiser et de chercher un accord avec ses créanciers.

Entre 2002 et 2007, United, Northwest, Delta, US Airways ont toutes été placées au moins deux fois sous la protection de cette loi. Le chapitre XI a permis à ces compagnies d’effectuer d’importantes coupes-claires et de restructurer leurs dettes.

En 10 ans, les grandes compagnies américaines ont réduit de près de 25% leurs masses salariales. Un chiffre : Près de 190. 000 emplois ont été supprimés.

Cette réduction des coûts s’est depuis poursuivie là où elle a été beaucoup plus tardive sur le vieux continent. A l’exception de British Airways, il a fallu attendre la crise de 2009 pour voir les transporteurs européens commencer à réagir.

Les coûts d’exploitation des grandes compagnies américaines se sont rapprochés de ceux des transporteurs à bas coûts avec de nombreux services payants et une qualité laissant à désirer sur des avions obsolètes, vieux Boeing 757, 767 ou MD 80. Mais, au final, ces compagnies sont de nouveau devenues rentables malgré une explosion des coûts ces 10 dernières années.

Une autre raison explique cette tendance. Là où les transporteurs européens ont continué à faire baisser le prix du billet, les américains, au contraire, l’ont augmenté. Ils ont diminué leurs capacités, en terme de sièges, aussi bien à l’international que sur le réseau intérieur. C’est un principe vieux comme le monde : celui de l’offre et de la demande. Ce qui est rare est cher. Résultat, les taux de remplissage ont augmenté, en même temps que la recette unitaire.

Cette politique a été accentuée par la dernière vague de consolidation du ciel américain avec la fusion dès 2005 d’US Airways avec America West, puis le rachat de Northwest par Delta en 2008, suivi deux ans plus tard par celui de Continental par United. La prochaine étape devrait être la fusion entre American Airlines et US Airways. Si ce rapprochement se confirme, il ne devrait rester aux Etats-Unis que trois grandes compagnies classiques détenant chacune entre 15% et 20% du marché américain.

Autre point important, pour les compagnies américaines, elles ne sont pas touchées, de plein fouet comme en Europe, par la concurrence des transporteurs du Golfe Persique : Qatar, Emirates, ou Etihad. Les HUBs, c’est à dire, les plates-forme de correspondances du Moyen Orient étant moins stratégiques pour les compagnies américaines sur les routes Asie – Europe – Etats-Unis.

Reste, maintenant, aux compagnies américaines à poursuivre la modernisation de leurs flottes d’avions. Si le processus est bien avancé sur le long courrier, il n’en est qu’à ses débuts sur le court-moyen courrier. Mais il clair que des avions modernes, moins gourmands en carburant, permettront de faire encore de nombreuses économies.

Source: France Info
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