Le 1er septembre 2026, les syndicats représentatifs des personnels navigants commerciaux (PNC) d’easyJet France et la direction ont annoncé la conclusion d’un accord mettant fin au préavis de grève qui courait jusqu’au 2 septembre. Cet accord, approuvé par une large majorité des adhérents (près de 80 % selon les organisations, et 76,6 % au sein de l’UNPNC-CFDT), clôt un bras de fer social marqué par une grève très suivie les 15 et 16 août, qui avait entraîné l’annulation d’environ une centaine de vols.
L’intersyndicale (SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT) a validé la proposition de la direction après des négociations intenses menées à la suite de la mobilisation d’août. Les PNC dénonçaient depuis longtemps « l’instabilité permanente des plannings », avec des modifications parfois jusqu’à 12 heures avant une mission, voire le jour même de la prise de service. Ces changements répétés affectaient l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle, la fatigue et la prévisibilité des emplois du temps.
Les principales mesures de l’accord PNC easyJet
L’accord PNC signé chez easyJet se concentre sur l’amélioration des conditions de travail et de la stabilité des « rosters », sans disposition salariale majeure (les revalorisations ayant été traitées précédemment). Voici les points clés :
- Jours protégés (lock days ou Duty Ownership) : Mise en place d’une période d’essai du 1er octobre 2026 au 20 septembre 2027. En octobre 2026, 3 jours verrouillables par mois ; à partir de novembre 2026, 5 jours par mois où le planning devient intangible. Un bilan trimestriel est prévu avec les syndicats. En cas de non-respect pour cause opérationnelle majeure (NETSTAT Red), le jour est recrédité.
- Indemnité ERDP (Extended Roster Disruption Payment) : 80 € brut par événement pour chaque duty modifié de plus de 2 heures par rapport au planning publié, avec effet rétroactif au 1er avril 2026. Cette compensation s’ajoute aux dispositifs existants.
- Trip Trade : Réduction de la fenêtre d’échange de vols à 48 heures, avec une mise en place visée mi/fin septembre 2026.
- Préférences SR/LR (court-courrier / long-courrier) : Sondage des PNC avant le 1er octobre pour indiquer leur préférence (tripping ou non). Cette préférence, fixée pour 12 mois, devra être prise en compte prioritairement par le rostering, avec un reporting régulier aux syndicats.
- Crew Partner : Création d’un poste dédié au sol pour appuyer les PNC français en cas de perturbation de planning. Le recrutement démarre immédiatement sous réserve d’accord, avec une période d’essai.
- Autres engagements : Communication spécifique sur les difficultés rencontrées à la base de Lyon ; réponse de la direction d’ici fin septembre sur la possibilité d’un jour de repos après les transitions Early-to-Late ou Late-to-Early, avec essai possible dès fin novembre ; les sujets des vols de nuit et du tripping sont reportés aux prochaines NAO.
La direction d’easyJet a salué « des discussions constructives » et a indiqué continuer à travailler en étroite collaboration avec les organisations syndicales. L’accord est présenté comme un socle permettant d’améliorer la prévisibilité tout en laissant la place à des avancées ultérieures sur les questions structurelles.
Un contexte social et économique tendu
Ce conflit s’inscrit dans un contexte plus large : easyJet, deuxième low-cost européenne derrière Ryanair, est en passe d’être rachetée début 2027 par un fonds américain, qui en deviendrait l’actionnaire majoritaire. En France, la compagnie reste un acteur important derrière Air France, avec un réseau centré sur l’Europe et le pourtour méditerranéen.
La grève d’août avait mis en lumière les tensions accumulées autour de l’organisation du travail des équipages. L’accord easyJet signé avec les PNC, même s’il est qualifié de provisoire ou d’étape par certaines parties, marque un apaisement et offre des outils concrets pour limiter les perturbations de planning. Les syndicats insistent sur le fait que la mobilisation des PNC a été déterminante pour obtenir ces avancées.
L’application effective des mesures, notamment les jours protégés et le poste de Crew Partner, sera suivie de près dans les mois à venir, avec des bilans réguliers entre direction et représentants du personnel.
