24 novembre 2020

Toilettes 1ere classe © Richard Moross

Sécurité toilettes, bombe ou asphyxie

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Toilettes 1ere classe © Richard Moross

Les autorités américaines ont pointé le risque. Il se nicherait dans le réservoir à oxygène situé dans le plafond.

Depuis trois semaines, les toilettes des compagnies aériennes françaises sont au centre d’un véritable combat antiterroriste mené dans la plus grande discrétion. La Federal Aviation Administration (FAA), l’autorité américaine chargée de la sécurité aérienne, a saisi ses homologues du monde entier sur le risque potentiel que représentait le système de génération chimique d’oxygène présent dans les toilettes des avions.

Selon les experts américains, la bonbonne placée dans le faux plafond et destinée à alimenter en oxygène le passager lors d’une éventuelle dépressurisation de l’appareil peut être utilisée pour fabriquer une bombe. Les compagnies de la planète ont donc été priées de désactiver les générateurs d’oxygène dont le système est chimique. Un autre système de gaz, ouvert à distance installé sur un grand nombre appareils n’est, en revanche, pas remis en cause par la FAA. Globalement plus de 12 000 avions européens et américains sont concernés auxquels il faut ajouter les appareils des compagnies asiatiques.

Vingt mois pour trouver une alternative

En France, l’autorité en charge de la sécurité, la DGAC, s’est montrée particulièrement zélée à l’égard de l’organisme américain. Alors que son Agence européenne de sécurité aérienne (Easa) a laissé aux États membres la liberté de mettre en œuvre cette directive, la DGAC a décidé au début de l’année d’appliquer à la lettre la consigne américaine.

«Le règlement de sécurité impose la présence d’un générateur d’oxygène dans les toilettes, rappelle un porte-parole de l’Easa. La FAA a mis en avant le risque de sûreté. Pour notre part, nous avons fait jouer une clause de flexibilité sans imposer de décision au niveau européen.»

Petit doigt sur la couture du pantalon, toutes les compagnies françaises ont désactivé leurs systèmes dans les toilettes sous peine de voir les appareils cloués au sol. Ainsi chez Air France, la soixantaine d’A 320 et trois A 340 ont été mis en conformité. Les constructeurs comme Airbus, Boeing, Bombardier, Embraer sont tous concernés par ces nouvelles exigences. Airbus souligne avoir vingt mois pour proposer un système d’oxygène alternatif.

Mais si le risque de la bombe est désormais exclu, celui de l’asphyxie dans les toilettes n’a en revanche pas été totalement écarté. La DGAC n’a pas proposé de système palliatif. Or pour des personnes âgées ou en mauvaise santé, le danger de syncope est réel. Chez Air France, les personnels navigants savent qu’ils peuvent éventuellement utiliser la «cagoule incendie» qui comprend un masque à oxygène, mais comment procéder en cas d’incident ? D’autant que le risque de dépressurisation n’est pas rare. Selon Vincent Gilles, chargé des affaires techniques au SNPL France Alpa, 19 dépressurisations sont survenues lors des 8 derniers mois parmi les compagnies aériennes européennes dont 9 avec explosions. En cas d’incident, les pilotes doivent atteindre au plus vite l’altitude respirable sans masque, soit 4 200 mètres. Il faut compter au minimum trois minutes pour y arriver lorsque l’appareil est en altitude de croisière.

Source: lefigaro.fr

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