15 juin 2021
Service de securite des aeroports

Brigade K9 © DR

Washington muscle sa sécurité aérienne

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Les informations croisées des services de renseignement permettront de préciser le «profil» des passagers.

Trois mois après l’attentat manqué par un jeune Nigérian sur un vol Amsterdam-Detroit, les États-Unis imposent de nouvelles règles pour les passagers aériens en provenance de l’étranger. Au lieu des seuls passeports et nationalité des voyageurs, toute une batterie d’informations détaillées sur leur profil et leur comportement, recueillis par les services de renseignement tels que la CIA, déterminera s’ils doivent être soumis à un contrôle renforcé ou pas et éventuellement interdits de vol vers les États-Unis.

Barack Obama a approuvé ces mesures cette semaine après que la responsable du département de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, lui a remis le rapport commandé dès le lendemain de l’attentat raté de décembre. Le contrôle renforcé – très controversé – des passagers en provenance de 14 pays en majorité musulmans, instauré ces trois derniers mois, sera abandonné car jugé inefficace. Il concerne l’Afghanistan, l’Algérie, le Liban, la Libye, l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Somalie, le Yémen, ainsi que le Soudan, l’Iran, la Syrie et Cuba, quatre États accusés par les États-Unis de soutenir le « terrorisme ».

Janet Napolitano a affirmé hier que le nouveau système serait beaucoup plus «efficace» car plus «ciblé» et passerait «inaperçu» auprès des pas­sagers.

Selon un membre de l’Administration américaine, Umar Farouk Abdulmutallab aurait peut-être été repéré avant son embarquement sur le vol 253 si le nouveau système avait été mis en place avant Noël. Le jeune Nigérian musulman issu d’une famille aisée avait un visa en règle pour les États-Unis, mais il avait acheté son billet en espèces, s’était rendu peu de temps avant au Yémen, où il s’était radicalisé et ne voyageait qu’avec un bagage à main. Barack Obama avait mis en cause l’absence de coordination entre les différentes agences de renseignement, lesquelles auraient dû faire le « lien » entre toutes ces bribes d’information et alerter les services de sécurité à l’aéroport d’Amsterdam.

Désormais, outre la nationalité, des informations telles que les pays récemment visités, l’âge, un nom même partiel, mais aussi d’autres caractéristiques, y compris physiques, seront utilisées et partagées avec les compagnies aériennes étrangères, lesquelles auront la liberté de décider qui est « indésirable » sur un vol transatlantique.

Des procédures «d’espionnage»

Ces nouvelles mesures affecteront tous les passagers en provenance de l’étranger dès ce mois-ci et évolueront au jour le jour en fonction de la menace terroriste. Jusqu’à aujourd’hui, ces informations et bien d’autres, collectées par le département de la Sécurité intérieure et désignées sous le nom de «Passenger Name Record», ne sont partagées qu’avec les douanes et seulement après qu’un passager a déjà décollé, donc inutiles face à un voyageur «mal» intentionné.

Les États-Unis souhaitent que leurs standards de surveillance soient appliqués à l’échelle internationale, mais ont jusque-là rencontré une forte résistance notamment de la part des pays européens, où les lois sont plus strictes en matière de protection de la vie privée.

Les listes de passagers «soumis à une surveillance renforcée» (24.000 personnes) et de ceux «interdits» de séjour aux États-Unis (passés de 3.000 à 6.000 depuis Noël) seront maintenues. En outre, quelque 1.000 scanners corporels à 150.000 dollars la pièce seront installés d’ici à la fin de l’année dans les aéroports.

Le succès de ces nouvelles procédures «d’espionnage» requérant à la fois une logistique complexe et beaucoup de souplesse dépendra du partage d’informations et de la coopération des compagnies aériennes et services de sécurité étrangers. Il devrait satisfaire les républicains et renforcer une opinion déjà favorable à Barack Obama en matière de lutte contre le terrorisme. Mais il soulève déjà des interrogations sur les risques associés de délit de faciès, l’établissement du «profil» reposant partiellement sur le jugement personnel des agents de sécurité à travers le monde.

Source: lefigaro.fr

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