Les tensions sociales et la grève entre Ryanair et ses employés au Portugal, notamment les personnels de cabine, s’inscrivent dans un contexte de conflits récurrents en Europe. Ces mouvements, souvent menés par le Sindicato Nacional do Pessoal de Voo da Aviação Civil (SNPVAC), portent principalement sur l’application du droit du travail portugais plutôt que du droit irlandais, les conditions de rémunération, les congés, les arrêts maladie et les objectifs de vente à bord.
Grève Ryanair au Portugal, contexte et revendications principales
Ryanair, compagnie irlandaise à bas coûts, opère plusieurs bases au Portugal (Lisbonne, Porto, Faro et anciennement les Açores). Les syndicats reprochent à la compagnie d’imposer des conditions relevant du droit irlandais. Celui-ci est jugées moins protecteur que celui du Portugal et les employés y sont basés. Parmi les points de friction figurent :
- Le non-respect de certaines dispositions du Code du travail portugais (salaires minimums, indemnités de vacances et de Noël, heures travaillées).
- Les pressions liées aux objectifs de ventes à bord et les sanctions pour absentéisme, y compris en cas d’arrêt maladie.
- La reconnaissance syndicale et la négociation d’accords collectifs.
Des décisions de justice ont parfois donné raison aux employés. En 2025, la Cour suprême de justice portugaise a notamment confirmé que Ryanair devait verser des indemnités et arriérés de salaire à des membres d’équipage basés au Portugal.
Les mouvements récents
Les grèves spécifiques des PNC de Ryanair au Portugal se sont multipliées ces dernières années. Elles ont souvent été en coordination avec d’autres pays européens (Espagne, Belgique, Italie).
- En décembre 2025, un préavis de grève des personnels de cabine de Ryanair a conduit à la fixation de services minimums par les autorités (liaisons prioritaires vers Funchal, Londres, Paris, etc.).
- Le 3 juin 2026, le SNPVAC a participé à une grève générale nationale appelée par la CGTP contre une réforme du travail du gouvernement (assouplissement des licenciements, extension de l’outsourcing, etc.). Cette action a touché les équipages de plusieurs compagnies, dont Ryanair, easyJet et TAP. Ryanair avait déclaré anticiper un fonctionnement normal, tandis que TAP a fortement réduit son programme (environ 79 vols sur plus de 300). Des services minimums avaient été ordonnés pour Ryanair et des entreprises de handling.
Des grèves de personnels au sol (handling) dans les aéroports portugais (notamment liés à Menzies ou Portway) ont également perturbé les opérations de Ryanair et d’autres compagnies à plusieurs reprises, avec des impacts sur les bagages, l’enregistrement et les rotations.
Grève Ryanair au Portugal, impacts sur les passagers et l’activité
Ces mouvements entraînent des annulations et retards, particulièrement aux aéroports de Lisbonne, Porto et Faro. Ryanair annule parfois des vols de manière préventive et propose des réacheminements ou des remboursements. Les passagers peuvent, selon les cas, bénéficier des droits européens (règlement CE 261/2004) en matière d’assistance et d’indemnisation, même si les grèves de personnel de la compagnie elle-même ne constituent pas toujours une « circonstance extraordinaire ».Au-delà des grèves, Ryanair a réduit sa présence au Portugal : fin mars 2026, la compagnie a arrêté toutes ses liaisons vers les Açores, invoquant des hausses de taxes et redevances aéroportuaires (ANA/Vinci) et des coûts environnementaux (ETS). Cette décision a représenté une baisse significative de capacité.
Une situation qui perdure
Les conflits Ryanair-Portugal illustrent les difficultés des compagnies low-cost à harmoniser leurs modèles de coûts avec les législations nationales européennes. Le SNPVAC et d’autres syndicats continuent de revendiquer une meilleure application du droit local et de meilleures conditions. Ryanair, de son côté, insiste sur sa compétitivité et accuse parfois les syndicats et les autorités de freiner le développement du trafic aérien.
Pour les voyageurs, la recommandation reste de vérifier régulièrement le statut de leur vol via l’application ou le site de Ryanair, surtout en période de tensions sociales annoncées. Les grèves restent un risque structurel dans le secteur aérien portugais, en particulier pendant les périodes de forte demande touristique.
