Pierre-Henri Chuet est un ancien pilote de Rafale de l’aéronavale française connu sous le nom de Até Chuet. Il a été mis en examen pour des faits extrêmement graves. Il est poursuivi pour « intelligence avec une puissance étrangère », « livraison d’information à une puissance étrangère », « divulgation de secret de défense nationale par son dépositaire », « collecte d’informations sur les intérêts fondamentaux de la nation » et placé sous contrôle judiciaire.
Até Chuet a été interpellé par la DGSI, placé en garde à vue, puis présenté à un juge d’instruction. Son domicile a été perquisitionné. Après des mois d’enquête, la justice est passée d’une enquête préliminaire à une mise en examen formelle. Cela suppose l’existence d’indices graves et concordants.
Un militaire en activité qui forme les pilotes chinois
Le cœur du dossier est particulièrement troublant. Alors qu’il était encore pilote en activité dans la Marine nationale, Pierre-Henri Chuet s’est rendu à deux reprises en Chine, en septembre 2018 et août 2019. Il y a animé des séminaires de formation destinés à des militaires chinois, notamment des pilotes de chasse, accompagnés parfois d’un pilote britannique. Ces prestations ont été rémunérées via une société écran sud-africaine appelée TFASA.
À l’époque, Chuet n’aurait pas informé sa hiérarchie, contrairement aux obligations réglementaires en vigueur pour les personnels habilités secret-défense. Ces voyages ont eu lieu bien avant son départ de l’armée en 2021.
Até Chuet mis en examen, du Rafale français à la Marine chinoise
Pilote expérimenté ayant servi sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, Até Chuet disposait d’une expertise pointue sur les tactiques aéronavales occidentales. Le fait qu’il ait transmis ce savoir-faire à une armée chinoise en pleine modernisation, perçue comme un rival stratégique majeur, pose un problème de sécurité nationale majeur. La Chine renforce activement ses capacités aéronavales dans un contexte de tensions en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan.
Après avoir quitté l’uniforme, Chuet a construit une image publique de spécialiste aéronautique. Il a une chaîne YouTube suivie par plus de 566 000 abonnés. Parallèlement, les soupçons d’activités occultes avec Pékin ont émergé publiquement dès 2023.
Des dénégations face à la progression judiciaire
Dès les premières révélations, Pierre-Henri Chuet a fermement contesté tout acte illégal. Il affirmait n’avoir dispensé que des formations « open source » et avoir cessé ses déplacements en Chine après 2019. Il a même engagé des poursuites en diffamation contre des voix qui alertaient sur son cas. Malgré ces défenses, le ministère des Armées a saisi la justice en février 2025. L’enquête préliminaire s’est transformée en une instruction judiciaire avec mise en examen. Cette dernière inclue des soupçons de cumul d’activités, violation de consignes et blanchiment.
Até Chuet a été mis en examen et cette évolution judiciaire constitue un sérieux désaveu pour l’intéressé. De plus cela soulève des questions sur la fiabilité des anciens détenteurs de secrets militaires qui se reconvertissent dans le conseil international.
L’affaire Chuet révèle les vulnérabilités liées à la captation de compétences par des puissances étrangères et les risques posés par certains profils. En particulier ceux qui mettent l’appât du gain ou l’ego au-dessus des devoirs de réserve et de loyauté envers la nation.
L’enquête se poursuit. Pierre-Henri Chuet reste présumé innocent jusqu’à un jugement définitif, mais les faits qui lui sont reprochés, s’ils sont établis, relèveraient d’une trahison caractérisée des intérêts fondamentaux de la France.
