31 mars 2020
Air France - Airbus Dedicate

Airbus A319 ER "Dedicate" © Air France

Divorce franco-tchèque

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Air France - Airbus Dedicate
Airbus A319 ER "Dedicate" © Air France

Coup dur pour Air France. Déjà en retard par rapport à son rival Lufthansa en Europe centrale, la compagnie française perd son principal allié dans la région, Czech Airlines (CSA). La compagnie tchèque, partenaire d’ dans l’alliance Skyteam, a décidé de rompre son accord bilatéral avec Air France. Outre l’arrêt ce dimanche de l’accord de partages de codes (« code share », système qui permet de commercialiser les vols d’une autre compagnie) entre Paris et Prague dévoilé la semaine dernière par le site Internet Tourmag.com, le divorce est encore plus profond. Air France et CSA ont également mis fin à leurs code-share sur les vols en correspondances au-delà de Paris et Prague. Soit une quinzaine de destinations pour chacun des deux transporteurs.

Surtout, selon nos informations, c’est carrément toute la « joint venture » entre les « hubs » des deux compagnies de Paris et de Prague, qui prend fin. Elle a été dénoncée en janvier avec un préavis très court de deux mois. Improprement appelée « joint venture » dans l’aérien puisqu’il n’inclut pas de liens capitalistiques, ce type de collaboration consiste à partager les coûts et les recettes sur un programme de vols commun.

Dégradation des relations

Air France dit « prendre acte de la décision de CSA ». La nouvelle équipe dirigeante du transporteur tchèque, chargée de redresser la compagnie a, semble t-il, jugé que ce partenariat lui était défavorable sur le plan financier. Pris de cours, Air France a proposé, en vain, des solutions palliatives : échange de blocs-sièges sur les avions notamment. La compagnie a même sollicité une entrevue entre les deux patrons de chaque compagnie, déclinée par CSA. Ce divorce n’est que l’ultime étape d’une dégradation des relations entre les deux compagnies depuis moins de trois ans.

Les Tchèques n’avaient pas apprécié la candidature d’ au rachat de l’autrichienne Austrian Airlines en septembre 2008. Celle-ci a choisi Lufthansa. Mais si Air France l’avait emporté, Austrian, très puissante en Europe de l’Est, aurait complètement éclipsé la petite CSA dans son (modeste) rôle de tête de pont de la compagnie française dans cette région. L’amertume, côté tchèque, est montée d’un cran un an plus tard, quand Air France s’est retiré du dossier de la privatisation de CSA, jugé risqué.

Bilan des courses : CSA et Air France vont devenir concurrents entre Paris et Prague. Chacune des deux compagnies ayant décidé d’augmenter leur nombre de vols, cette surcapacité risque d’entraîner une baisse des prix. Jouer en solo n’est peut être pas la meilleure façon pour CSA d’assurer son avenir. D’autant que son plan de restructuration (fusion avec l’aéroport de Prague accompagnée d’un prêt d’environ 100 millions d’euros d’une société publique) fait l’objet d’une enquête de Bruxelles.

En outre, même si pour l’heure CSA reste dans Skyteam la compagnie française ne compte plus son point d’appui en Europe centrale. De quoi renforcer davantage l’hégémonie de Lufthansa dans cette zone.

Source: letribune.fr

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