13 avril 2021
Boeing 737-800 Ryanair

Boeing 737-800 Ryanair © Ryanair

Ryanair menace de fermer Marseille

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Boeing 737-800 Ryanair
Boeing 737-800 Ryanair © Ryanair

La compagnie à bas coût irlandaise préférerait renoncer à baser des appareils en France plutôt que de devoir faire des contrats de travail français à quelque 120 salariés basés en France.

Après la polémique avec Air France sur les aides versées par les aéroports régionaux, Michael O’Leary hausse une nouvelle fois le ton, concernant cette fois les accusations de « dumping social ». Poursuivie en justice par les principaux syndicats de personnels navigants français, qui lui reprochent de ne pas appliquer la législation sociale française à ses salariés basés en France, le patron de la compagnie à bas coût menace de fermer son unique base française de Marseille si la justice donne suite à ces plaintes. « Nous n’avons pas l’intention de nous laisser entraîner dans une enquête injustifiée, déclare Michael O’Leary dans un entretien aux « Echos ». Si le parquet d’Aix-en-Provence ouvre une procédure à notre encontre, nous fermerons notre base de Marseille en novembre. Nous continuerons à desservir la France. Mais nous n’y baserons plus d’avion, ce qui se traduira pour Marseille, par la perte d’un millier d’emplois et d’un million de passagers par an. »

A l’origine du différend, le cas des 120 navigants de Ryanair sous contrat irlandais travaillant sur les quatre Boeing 737 basés en permanence à l’aéroport de Marseille-Provence. Selon Ryanair, ces personnels sont susceptibles de travailler au départ d’autres aéroports de son réseau européen et doivent être assujettis à la législation du pays où est immatriculé l’avion – à savoir l’Irlande -conformément à la réglementation européenne. « Il ne s’agit pas de dumping social, affirme le patron de Ryanair. Nous payons des taxes en Irlande et le salaire moyen chez Ryanair est plus élevé que chez Air France. Mais nous avons besoin de pourvoir librement déplacer nos avions et nos personnels d’un pays à l’autre, en fonction de l’activité. »

Un préjudice de 4,5 millions

Mais les magistrats français risquent de ne pas l’entendre ainsi. Un décret du gouvernement français, pris en novembre 2006, limite en effet strictement l’application de cette règle européenne aux seuls personnels temporairement détachés. En janvier dernier, la justice avait ainsi condamné la compagnie anglaise easyJet à verser 1,4 million d’amendes de dommages et intérêts, pour avoir tardé à s’aligner sur le droit français. Dans le cas de Ryanair, le préjudice s’élèverait à 4,5 millions d’euros. « Si nous sommes condamnés, nous paierons l’amende, mais nous n’aurons aucun mal à replacer nos avions ailleurs, affirme Micheal O’Leary. La France est le seul pays d’Europe à ne pas respecter ces règles internationales. Nous avons d’ailleurs engagé un recours contre ce décret devant la Cour de justice européenne. Nous avons déjà eu gain de cause en Espagne, en Allemagne et en Belgique. »

L’affaire risque de coûter encore plus cher à Marseille, qui a investi dans un terminal spécialement dédié au low cost (baptisé mp2) pour attirer Ryanair. « C’est tout notre territoire qui risque d’être déstabilisé », souligne Jacques Pfister, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille, qui chiffre à 500 millions d’euros par an et 400.000 passagers supplémentaires par an les retombées de la présence de Ryanair.

Bruno Trevidic

Source: les echos.fr

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