4 novembre 2026
Bombardier Learjet 60 crash floride nathalia

Bombardier Learjet 60 © Depositphotos

Crash Learjet 60, Nathalia, 20 ans : ne faisons pas le procès de son age

Il y a des drames qui méritent mieux que des commentaires à l’emporte-pièce. Le crash du Learjet 60 en Floride, le 1er novembre 2026, en fait partie…

EDITO

Il y a des drames qui méritent mieux que des commentaires à l’emporte-pièce. Le crash du Learjet 60 en Floride, le 1er novembre 2026, en fait partie. Parmi les neuf victimes figure Nathalia Gadelha Filgueiras, une jeune copilote de 20 ans. Depuis l’annonce de sa mort, un élément revient dans de nombreuses discussions : son âge. Vingt ans. Comme si ce chiffre suffisait à remettre en question sa légitimité à occuper le siège d’un cockpit.

Je voudrais prendre sa défense.

À 20 ans, elle n’était pas nécessairement une débutante. Elle était une jeune professionnelle qui avait choisi de consacrer sa vie à l’aviation.

Nathalia avait obtenu sa licence de pilote privé à seulement 17 ans, alors qu’elle était encore lycéenne. Elle avait suivi un parcours de formation aéronautique et poursuivi son rêve de devenir pilote de ligne. Selon plusieurs médias américains, elle totalisait environ 1 300 heures de vol et exerçait professionnellement depuis plusieurs mois. Pour comparer, un jeune copilote Air France issu de cadets n’en a pas le quart quand il officie sur A320 ou Boeing 737.

Ce parcours mérite du respect, pas du mépris. L’âge n’est pas une preuve d’incompétence. Dans l’aviation, les compétences ne se mesurent pas simplement au nombre d’anniversaires célébrés.

Les formations, les qualifications, les examens, les contrôles et les heures de vol constituent le véritable cadre d’évaluation d’un pilote.

D’ailleurs, après l’accident, Jared Isaacman, administrateur de la NASA et pilote expérimenté, a rappelé que les compagnies d’aviation d’affaires recrutent régulièrement de jeunes pilotes commerciaux pour voler aux côtés de commandants de bord expérimentés.

Un représentant du NTSB a également rappelé que ces pilotes disposent des qualifications et des formations requises.

Il faut donc arrêter de confondre jeunesse et incapacité. Elle a affronté les mêmes conditions que son commandant de bord

Les premières informations sur le vol font état de turbulences, de précipitations et de conditions givrantes. L’équipage a signalé des difficultés météorologiques au contrôle aérien avant que l’avion ne connaisse une descente catastrophique.

Les dernières communications radio témoignent d’une situation d’urgence extrême.

Mais aujourd’hui, personne ne connaît encore précisément les circonstances techniques qui ont conduit à la perte de l’appareil.

Le NTSB enquête notamment sur une possible désintégration en vol. Les enquêteurs doivent établir ce qui s’est passé, sans désigner prématurément un responsable.

Respectons sa mémoire

Derrière cette copilote, il y avait une jeune femme, une famille, des proches et surtout un rêve.

Elle avait choisi un métier exigeant, un métier dans lequel la rigueur, la discipline et la responsabilité ne sont pas négociables.

Elle est morte en exerçant ce métier.

Nous avons le droit de nous interroger sur les circonstances de cet accident. Nous avons le devoir de chercher la vérité. Nous devons même exiger que toute la lumière soit faite sur les conditions d’exploitation de cet avion et les responsabilités éventuelles.

Mais nous n’avons pas le droit de transformer son âge en accusation.

Nathalia n’aura malheureusement jamais l’occasion de raconter ce qu’elle a vécu dans ce cockpit. Ne lui retirons pas, en plus de sa vie, la dignité de son parcours professionnel.

Elle avait 20 ans. Elle avait choisi de voler. Elle mérite que l’on se souvienne d’elle pour cela, et non que l’on fasse de sa jeunesse un procès.

Qu’elle repose en paix.

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