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Bravo Ryanair ! 83 passagers abandonnés à Marseille

Ryanair et passagers à Marseille

Boeing 737 Ryanair © Depositphotos

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Quelle classe, quelle élégance, quelle humanité. Dans la nuit de samedi à dimanche, le vol Ryanair FR2640 à destination de Marrakech a réalisé l’exploit de décoller… sans 83 de ses passagers. Oui, vous avez bien lu. Pendant que l’avion s’envolait tranquillement vers le soleil, 83 malheureux se faisaient dorer la pilule sous les néons blafards de l’aéroport Marseille-Provence.

L’explication est aussi brillante que prévisible : « trop de retard à cause des contrôles frontières ». Traduction ryanaresque : « On a attendu cinq minutes, après on s’est dit que c’était bon, on y va, tant pis pour les clampins. »

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Les passagers Ryanair, eux, ont eu le privilège de vivre une expérience inédite : voir leur avion partir sans eux, comme dans un mauvais sketch. Familles avec enfants, couples en vacances, retraités… tout le monde y est passé. Certains ont même eu le droit à une petite alarme incendie en bonus, histoire de pimenter la soirée. Parce que chez Ryanair, on ne fait pas les choses à moitié.

« Ils ont fermé les portes et ils sont partis. Point. »

Ah, la poésie du low-cost.

Évidemment, la compagnie irlandaise, connue pour sa générosité légendaire, a expliqué qu’elle ne pouvait pas « retarder indéfiniment » son vol. On imagine la scène dans le cockpit :
« Captain, il reste 83 personnes… »
« Bah écoute, on a un planning, nous. Priorité aux avions, les humains attendront. »

Résultat : 83 passagers Ryanair bloquées toute la nuit sans vol, sans bagages (certaines valises sont tranquillement arrivées à Marrakech sans leur propriétaire, quel romantisme), et sans la moindre once de solution digne de ce nom. Du grand art.

Le lendemain, les abandonnés ont fait ce que tout bon consommateur du XXIe siècle fait dans ces cas-là : ils ont créé un collectif. Parce que chez Ryanair, pour obtenir un minimum de respect, il faut maintenant monter un syndicat.

Pendant ce temps, la compagnie pointe du doigt l’aéroport et la Police aux Frontières. Classique. C’est toujours la faute des autres. Ryanair, c’est un peu le gamin qui casse le vase et qui dit « c’est pas moi, c’est le vent ».

Petit rappel légal pour ceux qui auraient encore des illusions : selon le règlement européen 261/2004, les passagers ont droit à une indemnisation. Mais bon, connaissant Ryanair, on sait déjà comment ça va se passer : des mois de mails automatiques, des refus systématiques, et une bonne dose de mauvaise foi made in Ireland.

Cet incident arrive quelques jours après le vol de Vatry qui a décollé… complètement vide. 192 passagers Ryanair plantés. Apparemment, chez Ryanair, laisser les gens au sol est devenu une nouvelle tradition printanière.

Alors chapeau bas. Vraiment.
On attendait du low-cost, on a eu du no-cost… en termes de considération humaine.

Les 83 passagers de Marseille ont désormais un nouveau souvenir de vacances : ils n’ont pas vu le Maroc, mais ils ont découvert à quel point on peut se sentir minuscule face à une compagnie qui priorise ses rotations d’avions avant tout.

Bravo Ryanair. Vraiment. Continuez comme ça, vous êtes en train de réinventer le concept de « service client »… en l’absence totale de service, et de client.

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