Le lundi 27 avril 2026, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a prononcé la liquidation judiciaire d’Air Antilles. Ce jugement s’accompagne d’une avec cessation immédiate d’activité. Cette décision marque la fin définitive de la compagnie aérienne régionale qui reliait les îles de la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
Une interdiction de vol fatale
Tout a basculé le 8 décembre 2025. À la suite d’un audit sévère de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), Air Antilles s’est vu retirer son certificat de transport aérien pour « défaillances très significatives » en matière de sécurité. Ses avions, principalement des ATR, sont restés cloués au sol du jour au lendemain.
La compagnie, déjà fragilisée, n’a jamais réussi à redécoller. En janvier 2026, elle a déclaré la cessation de paiements. Elle a été placée en redressement judiciaire le 2 février 2026. Une période d’observation de plusieurs mois a été ouverte pour tenter de trouver un repreneur ou un plan de continuation.
Un passif écrasant et des offres insuffisantes
Selon le jugement, le passif de la société (SAEM Air Antilles) dépasse 56 millions d’euros. L’administrateur judiciaire a conclu à l’impossibilité de présenter un plan de redressement viable, compte tenu des pertes d’exploitation persistantes et de l’ampleur des dettes.
Plusieurs offres de reprise ont été examinées, mais le tribunal les a toutes rejetées, estimant qu’aucune n’était « suffisamment crédible ». Le projet le plus avancé ne prévoyait notamment la reprise que d’une quinzaine d’emplois sur les 116 salariés de l’entreprise.
Le tribunal a donc converti la procédure de redressement en liquidation judiciaire et ordonné l’arrêt immédiat de toute activité. C’est la liquidation d’Air Antilles.
Une page qui se tourne dans les Antilles
Fondée il y a plusieurs décennies, Air Antilles jouait un rôle essentiel dans la desserte inter-îles des Antilles françaises. Sa disparition laisse un vide important dans la connectivité régionale, même si d’autres acteurs comme Air Caraïbes restent présents sur ces liaisons.
Pour les 116 salariés, c’est un coup dur. Un liquidateur judiciaire a été désigné pour gérer la fin de l’entreprise, réaliser l’actif et procéder au règlement des créanciers selon leur rang.
Les raisons d’un échec
La chute d’Air Antilles résulte de plusieurs facteurs cumulés :
- Problèmes structurels de rentabilité sur des lignes courtes et à faible volume ;
- Coûts d’exploitation élevés dans les territoires ultramarins ;
- Difficultés récurrentes à maintenir les standards de sécurité exigés par la DGAC ;
- Concurrence accrue et dépendance aux subventions ou soutiens publics.
La tentative de relance entamée en 2024, après une précédente procédure, n’aura finalement pas suffi.
Avec cette liquidation d’Air Antilles, c’est tout un pan de l’aviation régionale antillaise qui disparaît. Les autorités locales et nationales vont désormais devoir réfléchir à la manière de garantir durablement la continuité territoriale entre les îles, enjeu stratégique pour l’économie et la vie quotidienne des habitants.
Air Antilles rejoint ainsi la longue liste des compagnies régionales qui n’ont pas survécu aux contraintes économiques et réglementaires du transport aérien insulaire. Fin de piste.

