"Les quinze prochaines années seront très difficiles pour Air France-KLM" C'est ce qu'a déclaré Jean-Cyril Spinetta devant 250 cadres dirigeants du groupe, hier, au siège de Roissy-CDG.
Jean-Cyril Spinetta n'a pas voulu s'attarder sur les motifs de l'éviction-éclair de Pierre-Henri Gourgeon, qualifié de « collaborateur exceptionnel ». « Les divergences de vues se sont cristallisées en conflit de légitimité », a-t-il seulement déclaré. En revanche, le PDG d'Air France-KLM s'est expliqué longuement sur les raisons de son retour.
« Ce n'était pas mon projet personnel, a-t-il affirmé. Ni celui de Leo Van Wijk, l'ex-PDG de KLM, « qui n'avait rien demandé ». Mais « les quinze prochaines années seront très difficiles » pour Air France-KLM, confronté à des « évolutions structurelles profondes », ainsi qu'à « une conjoncture économique très dure », qui nécessiteront « de nouvelles réponses ». « Les bases de province en sont une », a-t-il ajouté. Face à ces défis, Jean-Cyril Spinetta se donne deux ans, jusqu'à fin 2013, pour « restaurer une ambition commune ». La réforme de la gouvernance n'est pas abandonnée, a-t-il affirmé, mais seulement reportée d'un an, le temps « de convaincre et d'expliquer ». Quant à Alexandre de Juniac, dont la nomination interviendra sitôt reçu le feu vert de la Commission de déontologie, vers le 16 novembre, il disposera des pouvoirs d'un vrai PDG d'Air France. Y compris celui de former sa propre équipe. Si Jean-Cyril Spinetta reconnaît qu'il n'était pas son candidat préféré, il assure s'être rangé à l'avis unanime du comité de nomination, « sans aucune hostilité ».
